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Articles

Jethro Tull - This Was (1968) REVUE

  De gauche à droite : Clive Bunker, Mick Abrahams, Ian Anderson (assis), Glenn Cornick.  Si le génie précoce d'Ian Anderson s'est affiné au fil du temps, c'est partiellement du au fait que le destin l'a amené a favoriser un instrument encore peu usité dans le milieu du rock : la flûte traversière. Il est initialement entré en relation avec cette organe après l'avoir entendu dans les mains du jazzman visionnaire Rashaan Roland Kirk, ainsi qu'après avoir expérimenté une indifférence progressive de la guitare, laquelle ne lui octroierait qu'un anonymat supplémentaire, dominant progressivement le milieu musical populaire de son époque.  De plus, en observant un talent comme celui d'Eric Clapton, il se fit à l'idée que s'il ne pouvait égaler ce dernier, il serait préférable de se tourner vers quelque chose de plus singulier. Bercé dans le jazz, c'est bien vers le blues, dont le lien avec le style issu de la Nouvelle-Orléans est évident, et dont l...
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Keef Hartley Band - Halfbreed (1969) REVUE

  A l'aube de la décennie rétrospectivement labellisée "ère de la contreculture hippie", le blues électrique pénètre les terres de l'autrefois dénommée Albion, notamment, dès 1958, par les efforts de Muddy Waters. Dès lors, outre les Rolling Stones, c'est surtout dans les rangs de deux groupes phares, The Yardbirds et The Bluesbreakers, que la crème du blues britannique va émerger. Ceux-ci ont intégré (liste non exhaustive) Jeff Beck, Eric Clapton, Jimmy Page, Peter Green, Mick Fleetwood, Mick Taylor, Andy Fraser, ou bien Jack Bruce. The Bluesbreakers, formé par le très regretté John Mayall, fut, en plus de s'incarner comme un admirable vivier passionnant du blues dans l'ancien empire colonial, est un tremplin crucial dans l'évolution de divers musiciens, dont beaucoup viennent d'être mentionnés. Fleetwood Mac, Led Zeppelin, Free, et bien sur les Rolling Stones vont connaître un fulgurant succès, mais d'autres comparses issus des mêmes cercles,...

Mountain - Climbing! (1970) REVUE

  Peinture réalisée par Gail Collins.   Lorsque l'on évoque les pionniers du heavy metal, c'est immédiatement vers le trio britannique, composé de Black Sabbath, Led Zeppelin, et Deep Purple, que l'on se tourne. Bien que les citer est indubitable, il serait déplorable de ne pas faire un peu d'archéologie, afin d'exhumer des formations longtemps occultées par les trop imposants succès des groupes susdits. Bien qu'il y ait d'autres compositions européennes largement oubliées dont on peut produire l'élégie, il est judicieux de désormais se diriger de l'autre côté de l'Atlantique.  En effet, outre The Stooges, Blue Cheer, Steppenwolf, Iron Butterfly, ou encore Grand Funk Railroad, on décèle, sur le littoral new-yorkais, une poignée de groupes dont l'activité est cruciale pour le développement du heavy metal. Vanilla Fudge, Blue Öyster Cult, Sir Lord Baltimore, puis plus tard Kiss, sont particulièrement crédités dans le bourgeonnement du genre. Me...

Roy Buchanan - Roy Buchanan (1972) REVUE

  Dans la série des guitaristes classiques hors-pairs aujourd'hui totalement éclipsés par des homologues au succès fulgurant, tels Keith Richards, Jimmy Page, Jimi Hendrix, ou Mark Knopfler, un certain pionnier de la Fender Telecaster, originaire de l'Arkansas, mérite que l'on s'attarde sur son aventure artistique un bien long moment. Les précédant, il fait partie des héros méconnus de la fameuse guitare, laquelle est l'initiale réussite commerciale du géant Fender, aux côtés d'Albert Collins, ou encore Wilko Johnson.  L'homme dont nous parlons est peut-être ignoré des cercles plébéiens, mais pas des musiciens. On s'explique : il a refusé la possibilité d'intégrer les rangs des Rolling Stones, lorsque la place du regretté Brian Jones fut vacante ; Eric Clapton n'a pas hésité à le couvrir d'éloges ; par son goût pour les racines de la musique américaine, il a directement donné impulsion à Robbie Robertson, lequel va former le culte The Band ; ...

Big Mama Thornton - In Europe (1966) REVUE

    On oublie parfois que les femmes ont joué un rôle très important dans le développement du blues, affilié aux bourgeonnement de l'industrie musicale. Le vaudeville, genre de théâtre comique né en France pas plus tard qu'au XVème siècle, faisant acquisition d'un tel nom dès le XVIIIème siècle, et dont la popularité ne cesse de croître jusqu'au XIXème, apparaît aux États-Unis aux alentours des années 1860, sans doutes due aux connections avec l'ancienne colonisation française des Amériques. Cette forme de divertissement va servir de tremplin à la culture blues, auparavant surtout cantonnée à la situation difficile des africains-américains. Parmi une pléthore de femmes, on en retient souvent trois : Gertrude " Ma " Rainey, qui est une des premières comédiennes noires à intégrer le blues à l'aube du XXème siècle ; Mamie Smith, la première à délivrer un succès commercial avec " Crazy Blues " en août 1920, favorisant le marché du disque spéciali...

Buddy Guy & Junior Wells - Play the Blues (1972) REVUE

    A presque dix années d'intervalle, deux hommes ont migré vers Chicago, berceau de la scène la plus populaire de la note bleue. Le premier, atterré à la célèbre mégalopole de l'Illinois en 1948, se nomme Amos Wells Blakemore Jr., qui sera plus connu sous l'enveloppe de Junior Wells. Le second, propulsé sur le même territoire en 1957, est Georges Guy, dont on va sauvegarder le légendaire surnom de Buddy Guy. Tous deux sont des orfèvres hors-pairs en matière de musique, crédités pour avoir délivré en 1965 ce que la critique considère, si ce n'est le meilleur, comme l'un des plus beaux bijoux du Chicago blues, à savoir l'album "Hoodoo Man Blues", contenant, parmi des compositions originales, de grands standards du blues, et élu album de l'année par Jazz Magazine en 1966. Ce recueil marque le début d'une longue collaboration entre eux, puisqu'ils réaliseront pas moins d'une dizaine de disques ensemble ! Rétrospectivement à ce singulier s...

Linkin Park - From Zero (2024) REVUE

  Couverture réalisée à partir de mélange de "liquides" et "solides" de diverses matières et couleurs (selon les dires de Mike Shinoda).   Les deux mois succédant la parution du surprenant, édulcoré, et léthargique "One More Light" ont vu survenir la soudaine et tragique disparition du très charismatique chanteur de Linkin Park, Chester Bennington, qui a succombé, à la suite de l'également regretté Chris Cornell, à un profond abattement existentiel, contre lequel il s'est battu durant la totalité de son séjour terrestre. La promotion du septième opus du groupe a en conséquence été annulée, permettant de laisser le reste des membres, ainsi que le monde entier, de vivre et consommer un deuil requis. Une seule apparence s'est déroulée au Hollywood Bowl le 23 octobre 2017, en hommage évident à Bennington. C'est le public lui-même qui s'est occupé des parties de chant ! Dès l'année suivante, en 2018, le leader Mike Shinoda a partagé publ...