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The Defects - Defective Breakdown (1983) REVUE

 


A la fin des seventies, la nouvelle vague punk rock au Royaume-Uni a largement touché l'ensemble du pays, grâce à l'engouement suscité par l'esprit dissident des Sex Pistols très médiatisés, influencés par les efforts des New York Dolls (dont Malcolm McLarren, a été le manager, avant d'être celui de la bande à Glen Matlock et Sid Vicious), des Stooges, et de David Bowie. Au pays de Galles, on a The Partisans, The Take, ou encore Icons of Filth. En Écosse, on a The Exploited, The Rezillos, et The Threats. Enfin, en Irlande du Nord, et précisément au sein de sa capitale Belfast, on a les Stiff Little Fingers, les Undertones (de Derry, dont le célèbre John Peel révère le morceau "Teenage Kicks" plus que tout) qui ont tout deux permis l'exportation nord-irlandaise du punk rock. Mais d'autres formations plus obscures sont aussi apparues, telles que The Outcasts, Rudi, et The Defects, qui nous intéressent ici.

 

Concentrés en 1978, au même endroit et la même année que les contemporains de Protex, les défectueux s'alignent autour de Buck Murdoch (chant), Marcus "Dukie" Duke (guitare), Geoff Gilmore (basse), et Glenn Kingsmore (batterie). Dès 1980, Geoff est remplacé par Gary Smyth, après avoir joué des reprises de classiques punk dans des clubs de Belfast les deux premières années. Avec une maquette en poche en 1980, ils parviennent à réaliser un EP l'année suivante, grâce au soutien d'un ami. Une journaliste du réputé Melody Maker, satisfaite de ce disque, met vent en poupe à nos irlandais ; en résulte un contrat avec le label WXYZ (Anti-Nowhere League, The Meteors), lequel éditera toutes leurs compositions jusqu'à la séparation du groupe en 1984. Une première partie des londoniens de Chelsea (liminaire concert britannique) leur a octroyé l'intérêt du responsable de WXYZ alors même qu'il les avait déjà signés ! C'est ainsi qu'ils parviennent en support de leurs confrères d'Anti-Nowhere League, coïncidant avec le pressage du single "Survival" en 1982. A noter que cette même année, Buck et Glenn sont invités à appliquer leur voix sur le titre "Troops of Tomorrow" de The Exploited ! Après avoir ensuite tourné avec The Meteors, nos défectueux accouchent de leur seul album, "Defective Breakdown" dans une ambiance très punk (le producteur a confondu The Defects avec G.B.H. et les a accusé de vol de bières...).


Couverture du premier EP.
Le florilège est travaillé à cette occasion pour un peu plus coller à la scène nommée rétrospectivement "UK82" (d'après un titre de The Exploited sur "Troops of Tomorrow"), qui se nourrit de davantage d'éléments heavy metal (notamment la lourdeur des guitares). Ainsi, des morceaux tels que "Killer on the Streets", "We Don't Care", "Metal Walls" et le duo "Conscription" et "Casualty" possèdent une touche plus brute, puissante, rappelant les efforts des G.B.H. et The Exploited, lesquels émulent eux-mêmes le style de Motörhead, mais toujours ancré dans le punk. C'est cette recette qui va donner le hardcore britannique. Néanmoins, The Defects reste attaché aux originaux émois des Sex Pistols et The Clash, à travers le "real punk" de Blitz, The Business, et The Partisans. De ces derniers, ainsi que du vocaliste de The Exploited Buck retient le chant sec et hargneux. Ailleurs, les compositions sont mélodiques et accessibles, comme sur l'excellent quatuor introductif de "Dance", "20th Century", "Survival", et "Deprived". Bien que "Defective Breakdown" ne soit pas incroyable, en partie à cause de compositions répétitives, déjà entendues, et d'une production relativement faible (les percussions manquant de présence ; la voix de Buck au contraire trop mise en avant), c'est un ensemble assez plaisant qui permet de découvrir d'obscures formations d'Irlande du Nord.


 Un troisième tour musical dans les contrées britanniques se déroule à la suite de cet exploit (puisqu'à l'époque, peu de pelotons avaient le luxe de s'enregistrer un album !) John Curd, le patron de WXYZ, réfléchit à une opportunité de rendre The Defects plus accessible pour une grande audience. Cela se concrétise par le single "Suspicious Minds" reprise d'Elvis Presley en 1983. Le vocaliste Buck Murdoch s'oppose à cette nouvelle enveloppe, après un concert avec The Clash. Les trois membres survivants sonnent le glas du groupe début 1984 à la suite d'un ouverture pour 999. Plus tard Buck et Glenn, duo inséparable, se prélassent en revenant à leurs premiers amours : les reprises de titres connus. Puis, en 2010, les irlandais défectueux montrent à nouveau leur visage avec un line-up tout frais ; ils ont depuis délivré trois albums en 2013, 2015, et 2017 ! Comme quoi le punk rock n'a pas d'âge. Reste que "Defective Breakdown", sans être essentiel, est un plaisant brulot de fougue juvénile (provenant d'Irlande du Nord, région assez occultée par l'hyperactivité britannique), malheureusement arrivé un peu trop tard dans le circuit. 

 

7/10

De gauche à droite : Duckie, Buck, Gary, et Glenn.

 

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